De la Bête à la Belle

Colette Blanc-Locatelli

Colette vit dans un petit coin de paradis, là bas, haut et loin dans la montagne. Pour s'y rendre, il faut emprunter une de ces routes pas très larges, dont on ne sait pas du tout où elles nous emmènent. Elle nous a mené à Blieux, en plein parc naturel régional du Verdon. 
Colette est éleveuse de chèvres, non pas pour leur lait, mais pour leur laine ! Car les jolies petites chèvres de Colette sont des chèvres angora, qui produisent la laine dite "mohair". Elles sont tondues deux fois par an. 

Une fois cette laine cardée et filée, Colette la tisse sur son métier à tisser manuel pour fabriquer des ponchos, des écharpes, des vestes qu'elle vend sur les marchés du Sud de la France.
Rencontre.

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Vivant au coeur de la nature authentique depuis plus de trente ans, dans une petite vallée sauvage et protégée des Alpes de Haute Provence- entre Castellane et Digne - j'ai développé un élevage de chèvres angora qui produisent du mohair.


Ensuite, avec cette laine produite par mes chèvres, je réalise moi-même des ouvrages comme des ponchos, des écharpes, des vestes, des manteaux etc...







Les chèvres angora produisent de la laine mohair, ce ne sont pas des chèvres laitières. Le troupeau vit dans les grandes prairies l'été et en bergerie sous mon domicile l'hiver. Nous produisons le foin pour les nourrir l'hiver. 




Mon troupeau paît juste en bas de mon domicile. A l'automne, les couleurs sont chatoyantes !






La tonte est faite deux fois par an.




Ensuite j'apporte la laine brute à une filature qui la lave, la carde et la file. Elle la transforme selon nos choix (différentes concentrations de mohair, laine de mouton, mérinos, soie... ) Je choisis également les couleurs qui sont faites "à la carte". Certaines de ces couleurs me sont propres : le bleu roy foncé et le bleu roy clair.


(cliquez sur les photos pour les agrandir)














La filature me retourne la laine filée sous forme de gros écheveaux ou de bobines.




Je fais des bobines avec cette laine qui me serviront à constituer ma chaîne.




Après avoir placé chaque bobine sur l'ourdissoir, j'attache l'extrémité de chaque bobine à l'ensouple, le gros rouleau au bas du métier à tisser où je vais ensuite enrouler la chaîne.




 Chaque fil de bobine est maintenant relié à l'ensouple.




Je tourne l'ensouple...
(Ici, l'ourdissoir vu de l'arrière)




... et les bobines se déroulent. Ma chaîne se constitue.




Après avoir passé l'autre extrémité du fil dans un des 4 cadres de mon métier, j'utilise mon pédalier pour lever les fils désirés (1 sur 2, 1 sur 3, 1 sur 4...). Je passe la navette qui contient le fil de trame entre ces deux chaînes.




Je tasse plus ou moins fort le fil de trame avec le peigne.




Le tissu est créé.



Ce métier me permet de concilier une vie paysanne, saine et privilégiée, avec un travail traditionnel, artisanal et créatif, proche des animaux et de la nature.